Le matin de la Sainte Crise

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Le matin de la Sainte Crise

Message  Sinceham le Sam 28 Mai 2011 - 12:35

Orange, tel est le reflet de l'approche du Soleil sur la cicatrice à l'arcade sourcilière gauche de Sinceham alors que ce dernier, assis recroquevillé sur lui-même et les mains anxieuses agrippées à ses chevilles, fixe l'horizon oriental sans bouger depuis le début de la fin de la nuit.

Du campement l'Harmoniciste est le campeur le plus à l'Est et s'apprête à entamer l'hymne afin de comme d'habitude le décliner progressivement en chaos orchestré jusqu'à ce que l'astre qu'il attend ne le frappe à son œil ouvert d'un premier rayon fulgurant.

Sauf que là il n'y a pas un œil mais deux œils ouverts. Encore s'il s'agissait de deux yeux... Mais NON, deux œils rivés très intensément sur ce qu'ils invoquent impatiemment de leurs iris gris chacun plus nuancé que l'autre.

L'un se solidifie tandis que se liquéfie son voisin. Le premier fronce de manière inquiétante son sourcil et le second le hausse légèrement ; même s'il voulait le froncer, la cicatrice se trouvant entre son sourcil et lui l'en empêcherait.


Oh ouais. Et ça doit même faire bien quelques lunes que ta blessure n'en découle plus davantage et te privant ainsi de percevoir la bien réelle virtualité, Since.

Brise-t-Il enfin le silence interminable sur un ton mielleusement malsain.
Avant de poursuivre d'une voix moins vicieuse.

Ah ouais ? Heureux que tu soyes heureux que j'en soye heureux, mon frère.

J'ai jamais eu de frère. Tu sais que jt'avais dit que j'tais fils unique presque définitivement à partir du moment où feu Tsahal largua le bébé sur papa.

Ça c'est moi qui te l'avait dit, cousin.

Non plus.

Oncle.

Nan.

Neveu.

Encore moins.

Cousin germain.

Eueheh, nan, même si papa était un Aryen. Tu sais que maman ne s'en ai jamais remise... en fait comme tout le monde elle a pas du avoir le temps HAHA. Et là sale bâtard ça serait bien le moment que jte traite de connard mais comme les connards existent, je peux pas.

...

...

Je n'aime pas ce que tu sous-entends, mon frère.

...

Je vois donc je suis.

... Tu n'es pas. Tu n'es qu'un œil qui se prend pour moi.

...

... Un œil ouais.

Je ne suis pas un œil. Je suis un arc-en-ciel.

Un horrible éclat de rire explose soudain, au risque de réveiller les autres. Un rire croisé entre un LSD-sous-la-langue, un BHL-qui-fait-son-boulot-de-clown et un chat-qui-brûle. Lunatique, sarcastique et sadique.

HU HUAH HA HAHAAAAHUAHuAH huahuahuah... Huah..
Ah.
Putain, Since, si tu existes, eh bien je te demande de souffrir de percevoir l'ensemble oriental face à l’œil que tu es.

L'instant devient solennel et par conséquent éloigne la narquoiserie qui régnait il y a quelques secondes mais qui cependant flotte encore un peu dans l'atmosphère ambrée de cette matinée sacrée.

Oui, mon frère.

Que vois-tu ?

L'aube, mon frère.

L'aube. Qui es-tu ?

Since, mon frère.

Qu'est-ce que tu es, Since ?

Un arc-en-ciel, mon fr...

Le visage de l'Harmoniciste n'est pas et n'a pas été solennel, simplement fissuré par la discussion. Mais si l'instant solennel avait été le visage de l'Harmoniciste, alors maintenant il virerait, en une effroyable pirouette faciale, à... à rien de descriptible, franchement. Une grimace inimaginable exprimant l'inexprimable une sorte d'horreur sardonique, de terreur perverse, d'épouvante extasiée.

De la bouche affreusement tordue de Sinceham sort cependant ces quelques mots sur un ton calme, froid et mal à l'aise.


Papa...
Papa j'ai la peur, et elle aussi papa.
Papa ?
Papa, pourquoi tu as éjaculé pour lui, papa ?

Un abominable rire noir, cynique et bref. Les yeux accrochés au Soleil renaissant sont toujours disjonctés mais calmé alors que la bouche, restée tordue, poursuit plus amèrement.

... Papa.
Qu'est-ce que t'as relâché derrière toi pour moi papa, quand tu es parti te battre dans le désert ?
Qu'est-ce t'as relâché hein ? Papa... pourquoi t'as pas putlôt laisser les fascistes nous occuper nous aussi...

La voix se casse sur ces derniers mots.

Papa... Voici l'aube infinie et tu abondes smes pensées et voici l'aube inf...
Et en fait, ouais je sais pourquoi tu m'as abondonné de larmes au crépuscule éternel hein...
Ouais jsais maintenant, ton fils me l'a dit papa...
C'est parce que...
Qu'à ni à l'un ni à l'autre, y a d'arc-en-ciel...

La cicatrice, les sourcils acrobates, les œils dichotomiques et la bouche ployée à l'extrême, ainsi la blessure ambrée et toute cette convulsion faciale deviennent-elles futiles lorsque le Soleil par-delà les courbes ensablées transperce de son premier rayon amoureux les demi-yeux de cendres de l'Harmoniciste. Sensation électrique, le choc luminescent rebondit dans son esprit surpris qui fourmille d'ultimes picotements en total décalage avec le corps qui chute longuement sur le côté gauche où advient un choc plus léger se dissipant avec les derniers chatouillements neuronaux retombant sur les grains de sable paisibles parmi lesquels on pourrait presque les voir se mêler enfin, oranges.

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Re: Le matin de la Sainte Crise

Message  Haarbald le Sam 28 Mai 2011 - 13:22

Le sommeil léger n’était pas toujours un avantage.

D’abord un rire puis peut de temps après un choc sur le sable, propageant le son par onde de choc jusque sous l’oreille d’Haarbald.

Il se leva d’un coup, prêt au combat sait on jamais, armé de ses gants de combats qu’il ne quittais pas pour dormir. La lumière se reflétait sur les deux petits orifices métalliques au niveau de sa nuque et sur les plaques hexagonales elles aussi métalliques qui parcouraient sa colonne vertébrale.

Mais le campement était calme. Un peut écarté de celui-ci Sinceham, un curieux rictus sur le visage.

Crise cardiaque ?

Promptement il s’approchât de son camarade, s’agenouillant à coté de lui.


-« Oy, Since ? Ça va ? »

Sa main s’approcha de la gorge de celui-ci afin de prendre le pouls.
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Re: Le matin de la Sainte Crise

Message  Gavroche le Lun 30 Mai 2011 - 6:50

Comme un Golum immergé dans son propre dialogue, un Gavroche avec son narrateur (moi même), ou simple Harmoniciste détraqué devant un levé de soleil, Sinceham baragouinait ses folies.

Au même instant, tout près, le Gavroche finissait de taper son somme...

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Re: Le matin de la Sainte Crise

Message  Sinceham le Lun 30 Mai 2011 - 13:33

La main de Haar reste quelques secondes sur la jugulaire de l'harmoniciste sans détecter la moindre vaguelette sanguine. Quelques secondes ainsi suspendues en travers des premiers faisceaux anxieux du Soleil qui éclaire la scène à contrejour.

Puis le pouls réapparaît d'abord faiblement, puis grossit progressivement jusqu'à atteindre un rythme presque normal dans les veines de l'harmoniciste en position fœtale. Dont la grande main arachnéenne est à moitié ensevelie sous les petits minéraux dont certains s'accrochent encore en deuil au bras tentaculaire qui se déploie extrêmement lentement afin de relever notre héros qui ouvre un œil, pas un de plus vu que l'autre, fermé, pleure avec les grains de sables.

Le visage à moitié couvert par ces derniers, l'harmoniciste le lève vers Haarbald, et d'une voix tranquille, stable et uniforme, déclare:


Oy. Since est mort.

Un court silence ; en éloignant prestement de sa main libre celle du bioroïde interfacé, Sinceham insiste d'une voix toujours solide mais moins tranquille

OY. Since est MORT. Il est allé joindre une dernière fois son Créateur imaginaire, car l'astre que tu perÇOIS... il tend un doigt tortueux vers l'Est... n'est qu'une illuSION.

Il s'est tourné vers le Soleil et, finissant de se lever... crache, alors que l'astre renaît à peine.

Le crachat atterrit sur un harmonica.

L'instrument ainsi lubrifié, Sinceham le ramasse, en retire un lamelle métallique et entreprend de se raser le sourcil GAUCHE SEULEMENT, celui-là même où d'ailleurs scintillent mélancoliquement des grains de sables bientôt souillés d'hémoglobine ambrée par les rayons accusateurs du Soleil humilié.


Spoiler:

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Re: Le matin de la Sainte Crise

Message  Haarbald le Lun 30 Mai 2011 - 15:08

...Okay. Je parle à qui si Since est mort?

Observant l'homme se razer et se faire saigner. Quand t'auras fini vaut mieux desinfecter, tu sait les maladies, les infections tout ca.

C'est pas pasqu'un truc n'es qu'une illusion qu'il est forcement au courant de cet état, du coup ca peut rester tangible.


Reste quand même à observer l'homme un instant, essayant vainement de decripter la logique cachée derrière sa folie.
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Re: Le matin de la Sainte Crise

Message  Sinceham le Mar 31 Mai 2011 - 4:36

Debout face à l'Est, Sinceham se rase doucement le sourcil sans tressaillir ni laisser transparaître de souffrance physique quelconque. Sans quitter des yeux le bout d'étoile, il reste ainsi immobile quelques secondes supplémentaires.

Puis, sans décoller la lamelle et les main poursuivant insensiblement le rasage, il se dirige vers le campement et distribue quelques plus ou moins légers coups de pieds afin de rendre réveillés les mercenaires qui ne le seraient pas. Il croise Gavroche auquel il assène plutôt un demi-sourire poussé en coin à l'extrême alors que le sang traverse prudemment l'affreux rictus et atteint déjà les épaules où quelques gouttes on déjà commencé à chuter sur son mince torse nu.
Finalement, sans être sûr que tout le monde l'écoute, il s'adresse au groupe d'une voix sûre, froide et distincte.


Que le Soleil se lève et s'enlève chaque jour sans mesme nous ascorder le moindre arc-en-ciel sauf lorsqu'il nous nargue de bien haut et qu'il est trop tard, prouve qu'il est conscient de ce qu'il fait ou plutôt de ce qu'il ne fait pas.

C'est de cette mesme maniesre que vous estes tous des lasches.

Mais de la mesme manière que je me sens froid comme cette fausse lame de rasoir, vous estes tous des marteaux potentiels.
C'est pourquoi je vous invite chaleureusement à jouer allesgrement avec vos amis les gascheurs d'aube dans la joyeuse perspective de les exterminer.


Il est bien futile de préciser que les derniers mots sont lourdement teintés d'une subtile et noire acerbité que transporte le ton glacial de Notre Seigneur.

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Re: Le matin de la Sainte Crise

Message  Ambrosis le Mar 31 Mai 2011 - 10:10

Le comte était encore profondément endormi lorsque qu'un coup de pied scélérat vient le tirer brutalement de la luxueuse salle de réception où son esprit se trouvait pour le ramener dans la réalité. D'un air ronchon, il bougonnât quelque chose à l'adresse de celui qui avait tiré les rideaux. Ses yeux pâteux émergèrent lentement de leur sommeil. Sa bouche bailla profondément. Il se releva sur ses deux coudes pour observer le petit jour. Le soleil était en train de se lever.
Son esprit encore à moitié dans les fastes nobiliaires s'attendait presque à trouver son valet de pieds au chevet de son lit à baldaquin. Bien entendu, et comme tous les matins depuis si longtemps déjà, il n'y avait personne, et il n'y avait pas de lit à baldaquin non plus, ni même de rideau.

S'accoutumant à la lumière solaire, ce n'est qu'après quelques instants qu'il remarqua que Sinceham était debout. Son visage dégoulinait de sang.
Le Comte eu un sursaut en se réveillant d'un seul coup, l'évidence le frappant sans ménagements: le campement était attaqué !

Sautant sur ses deux pieds et dégainant son épée, son regard se promena à 360° à la recherche des assaillants. Personne.
Simplement Haarbald un peu à l'écart, et plus proche, Sinceham debout qui semblait terminer dans un style purement schizophrénique, un discours auquel l'esprit encore trop peu réveillé du Comte ne comprenait pas grand chose.

Rengainant son épée, il s'approcha de Sinceham


- Bonjour monsieur Sinceham. J'ai peur de ne pas avoir bien saisit se que vous disiez tout à l'...

Puis voyant ce qu'il faisait à son sourcil gauche, il reculât de stupeur.

- Diantre ! .... Mais, ... mais que ... mais que faites vous pour l'amour de Dieu ?!
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